Rafael Alberti Merello

Docteur : D. Rafael Alberti Merello
Proposition : Faculté de Philosophie et Lettres
Parain : Prof. Dr. D. José Luis Tejada Peluffo
Célébration: Faculté de Médecine, le 28 avril 1982
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Né à El Puerto de Santa María, Rafael Alberti commence ses études à l’école San Luis Gonzaga, où étudièrent également Juan Ramón Jiménez et Pedro Muñoz Seca. Mais en 1917, il est contraint d’abandonner sa ville et de déménager à Madrid, où il se consacre à l’apprentissage de la peinture. Il réussit à exposer quelques-uns de ses tableaux et dessins, mais il laisse cet art de côté après avoir découvert une vocation encore plus forte : la poésie.

En 1920, il écrit ses premiers poèmes, mais il faudra attendre 1924 pour que son premier livre soit publié : « Marin à terre », un ouvrage qui lui vaudra le Prix National de Littérature, partagé avec Gerardo Diego. Dans la Résidence d’Étudiants, Alberti connaît Federico García Lorca, Salvador Dalí, Luis Buñuel et d’autres poètes et artistes de la génération du 27. Pendant ces années, il publie « L’amante », « L’aube de la giroflée » et il participe à l’hommage de Góngora à l’occasion du troisième centenaire de sa mort. Le Romanticisme et le surréalisme se mélangent dans « Sur les anges » (1929), suivi de « Sermons et demeures » et « Élégie civique ».

Ensuite viendra l’étape de « Le poète dans la rue », de la poésie « civile » qui témoigne de son  engagement politique naissant : « J’étais un imbécile et ce que j’ai vu a fait de moi deux imbéciles» et « Je dois mourir les souliers aux pieds » (1930). Il fonde et dirige la revue Octobre avec sa compagne María Teresa León. En 1931, il rejoint le Parti Communiste espagnol (pour lequel il sera fugacement député pour Cadiz) et il se rapproche du théâtre avant-gardiste et engagé. Rafael Alberti se lance dans l’étude du théâtre européen grâce à une bourse du Gouvernement Andalou pour approfondir ses études et en 1932, il voyage en Allemagne, en France, au Danemark, en Russie, en Norvège, en Belgique et en Hollande.

Avec la Guerre Civile espagnole, il est nommé secrétaire de l’Alliance d’Intellectuels Antifascistes, une activité qu’il combine avec celle de Directeur du Musée Romantique et Éditeur de la revue El mono azul (le singe bleu). En 1938 il part pour Paris, où il écrit « Entre l’œillet et l’épée » et « Vie bilingue d’un réfugié espagnol en France », puis il commence « La arboleda perdida ». Il s’installe finalement en Argentine, où son œuvre grandit de façon décisive à travers le sentiment de l’exil : « Coplas de Juan Panadero », « Revenances du vivant lointain » et, en théâtre, « El adefesio » et « Nuit de guerre dans le musée du Prado ». En 1963, il fixe sa résidence à Rome, ville qu’il évoque dans les vers de « Rome, danger pour les passants » (1968). En 1965, il reçoit le prix Lénine de la Paix. À l’occasion de son retour de l’exil en avril 1977, des poètes en provenance des quatre coins de l’Espagne lui dédient un livre-hommage : « Du cœur de mon peuple », écrit en espagnol, catalan, galicien et euskera.

Une fois installé en Espagne, il publie « Abierto a todas horas » (1979), « Versos sueltos de cada día » (1982) et « Chansons pour Altair » (1988). En 1981, il est nommé Citoyen d’Honneur de El Puerto de Santa María. Une année plus tard, le Ministère la Culture lui concède le Prix National de Théâtre. En 1983, il reçoit le prix Miguel de Cervantes et il est nommé Citoyen d’Honneur d’Andalousie. Il accède à l’Académie Royale des Beaux-Arts de San Fernando en 1989, en reconnaissance à son activité picturale.

Il décède le 27 octobre 1999 dans sa ville natale de El Puerto de Santa María.